Le Vitrailliste

01 Avr 2019
Métiers

Le vitrail, quand la lumière sert comme support de créativité. Le vitrailliste exerce un métier d'art, de la famille des métiers du verrier... 

 

| Vitrailliste | 

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Quand la lumière sert comme support de créativité

 

À la fois artistes et techniciens du plomb et du verre coloré, les vitraillistes savent restaurer des vitraux anciens comme créer des vitraux modernes. L'art de jouer sur la transparence du verre et de la lumière de l'environnement est au cœur du métier.

Le vitrailliste exerce un métier d'art, de la famille des métiers du verrier, qui consiste à mettre en œuvre le verre fourni par la verrerie afin de réaliser un vitrail, « image translucide et colorée ». Le vitrailliste peut assumer la conception et l'exécution de compositions civiles ou sacrées, ou travailler avec un peintre reconnu dont il se fait l'interprète. Il est aussi appelé maître verrier lorsqu'il exerce une activité professionnelle de conservation et de restauration des vitraux.

 

 

| Comment ça se passe ?

 

Qu'il s'agisse d'une reproduction de vitrail du Moyen Âge, d'une verrière Tiffany ou d'un vitrail abstrait comme ceux de Manessier, les étapes sont toujours les mêmes. Après avoir trouvé le motif de son dessin, le vitrailliste crée une maquette grandeur nature appelée « carton ». Chaque élément de ce modèle est reporté sur des feuilles de verre teintées et découpées au diamant. Provisoirement assemblées, les pièces de verre peuvent être peintes et cuites au four, avant d'être serties dans des rubans de plomb pour le montage définitif. L'artisan effectue alors la pose du vitrail sur le chantier.

 

Un coup de crayon très sûr, un sens de l'harmonie des couleurs et des volumes sont des qualités indispensables. L'histoire religieuse, les symboles... font partie intégrante de la culture du vitrailliste. La création pure ne représente, en général, que 20 % de l'activité des ateliers. C'est essentiellement dans la restauration d'art qu'exercent les vitraillistes.

 

| Un peu d'histoire 

 

Les premiers verres fabriqués par l’homme apparaissent en 5000-3000 avant J-C ! Ils sont originaires de Mésopotamie, de Syrie ou d’Egypte. Ils sont cependant pour le moment tous opaques, de couleur verte ou bleue.

Il faudra attendre 1500 avant J-C. pour voir apparaître les premiers verres translucides ! Probablement issus de l’art de la céramique, de façon concomitante au développement de fours qui permettent des cuissons à des températures plus élevées.

Les verres multicolores se développent à partir du VIe siècle avant J-C. en méditerranée orientale, suivis de l’apparition du verre transparent au IVe siècle avant J-C. par adjonction de dioxyde de manganèse qui purifie le verre en éliminant les oxydes qui le coloraient jusque là.

La technique du verre soufflé est attribuée aux Phéniciens ou aux Babyloniens au Ier siècle avant J-C., grâce à l’invention de la canne à souffler.
Elle va permettre la fabrication d’objets en verre plus facilement, plus rapidement, et à moindre coût.
Cette découverte va favoriser la naissance d’une industrie du verre, notamment la fabrication de récipients ainsi que l’apparition des premiers vitrages de maisons ou d’édifices publics.

Le verre plat soufflé apparaît à partir du Ve siècle. Deux techniques nées conjointement vont être utilisées tout au long du Moyen-Âge pour la réalisation des vitraux :

  • le soufflage en couronne : produit dans l’ouest de la France et en Angleterre jusqu’au XIXe siècle ;
  • le soufflage en manchon : produit dans l’est de la France et en Europe Centrale, utilisé jusqu’au début du XXe siècle, et encore employé dans la fabrication artisanale du vitrail.

 

| Le Vitrail |

 

Le vitrail est connu depuis l’antiquité à Byzance, à Rome, à Ravenne et en Gaule.

De l’époque Romaine, on retrouve des mosaïques de verre coloré (« millefiori ») ornant les murs et les sols des thermes, permettant ainsi de tamiser la lumière.

Au 1er siècle avant J-C., l’apparition du verre soufflé va démocratiser l’usage d’objets en verre.Le verre en feuille s’obtenait alors en coulant du verre en fusion sur une surface lisse.Les premières vitres en verre peint coloré apparaissent sur les fenêtres des villas des riches Romains, comme en témoignent des fragments retrouvés à Pompéi.

Dans les premières églises chrétiennes des IVe et Ve siècles, on observe de nombreuses ouvertures occultées par des motifs en très fines feuilles d’albâtre serties dans des cadres en bois donnant un effet de vitrail primitif.

A partir du VIe siècle (époque médiévale), l’Italie, influencée par Rome se dote de vitraux enchâssés dans des cadres en bois, quelquefois dans des châssis de métal ou sertis dans du plâtre ou du stuc.
Les églises européennes d’Occident adoptent massivement cette nouvelle mode au VIIe siècle.
A partir du Xe siècle, cette technique va progressivement être remplacée par le vitrail au plomb en Occident, plus souple et plus malléable, et qui résiste mieux à l’humidité du climat.
Ces vitraux n’utilisent alors comme couleurs que le gris, le brun et le noir, aussi ils restent sombres et sont employés pour souligner les ombres ou dessiner les draperies de personnages.
La plupart n’ont pas résisté aux dégradations du temps, et il n’en subsiste que des fragments dans la cathédrale Saint-Bénigne de Dijon, la cathédrale de Beauvais, l’église carolingienne de Lorch ou sur la châsse de Séry-Lès-Mézières (département de l’Aisne).

Du XIe au XIIe siècle, le style roman utilise l’arc en plein cintre, ne permettant que des ouvertures limitées, favorisant les jeux de contraste entre ombre et lumière. Il se caractérise essentiellement par des petits vitraux en assemblage de médaillons carrés ou circulaires, bordés de riches motifs végétaux. Le foyer du vitrail médiéval au plomb se trouve alors en France, notamment à la basilique Saint-Denis, à Auxerre ou à Reims.

Les plus anciens personnages peints intacts sont les cinq prophètes du vitrail d’Augsbourg, daté de la fin du XIe siècle. Les visages, même figés et formalisés, démontrent un dessin très maîtrisé et l’usage fonctionnel du verre confirme que ses créateurs étaient très habitués à ce support.

L’architecture gothique apparaît en Île-de-France et en Haute Picardie au XIIe siècle et se diffuse en France et en Europe jusqu’au XVe siècle.

L’arc brisé et la croisée d’ogives permettant d’équilibrer les forces sur les piles ; les murs n’ont plus à supporter le poids de la structure. Les ouvertures deviennent alors de plus en plus grandes, améliorant l’éclairage des intérieurs.La lumière devient alors suffisamment abondante pour que les peintres-verriers jouent à la colorer par de nombreux vitraux ; ces derniers deviennent des créations de plus en plus audacieuses. La forme circulaire, ou rosace, développée en France, évolue à partir des percements dans les parois de pierre jusqu’à la réalisation d’immenses rosaces, comme celle du fronton ouest de la cathédrale de Chartres, célèbre pour son « bleu de Chartres » et ses vitraux du XIIIe siècle.

Le temps des cathédrales voit l’explosion de cet art en France : en sont témoins Notre-Dame de Paris, Bourges, Amiens, Reims, Rouen, ou le Mans. Les contrées germaniques (Strasbourg, Ausbourg, Cologne,etc...) connaissent ce même engouement.

La palette du peintre-verrier, constituée essentiellement de bleu et de rouge, s’enrichit au XIIIe siècle du vert émeraude, du rouge carmin et du rouge vermillon, du mauve, puis au XIVe siècle, du jaune d’argent qui permet de rehausser les couleurs et de teinter les vitraux. Considérés comme des supports imagés pour l’instruction religieuse, les vitraux qui représentent principalement des scènes bibliques, la vie des Saints ou parfois la vie quotidienne au Moyen-Âge, étaient malheureusement souvent impossibles à interpréter par les fidèles, les verrières étant trop hautes pour être lisibles et les scènes trop petites.

Au-delà de la représentation iconographique, c’est aussi pour l’exploitation de toute la symbolique de la lumière que l’on avait recours aux vitraux durant le Moyen-Âge.

Au XVe-XVIe siècle (époque de la Renaissance), le vitrail devient une œuvre à destination civile, et non plus religieuse. Les scènes représentées deviennent de plus en plus réalistes, les visages de plus en plus expressifs, les formes de plus en plus précises. Les couleurs jouent avec la lumière, à la faveur d’une technique parfaite.

Au XVII et XVIIIe siècle, l’architecture classique privilégie la grisaille ou les verrières blanches, l’iconographie symbolique du Moyen âge n’est plus comprise, et beaucoup de vitraux colorés sont alors détruits. C’est à la fin du XIXe siècle, avec le mouvement ’art nouveau’ que le vitrail redevient un art vivant.

Il se développe au XXe siècle, avec l’apparition de nouvelles techniques : le vitrail en dalle de verre, le vitrail à verre libre, le vitrail Tiffany.

 

Article publié par l'Equipe Place de l'Artisanat

Sources : Recherches Google sur différents sites spécialisés. (Wikipédia, Camip.info, Onisep)

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